Un petit condensé de ce que nous essayons de faire passer…

Pourquoi l’approche corporelle ?

L’approche corporelle telle que nous la concevons est basée sur diverses théories et expériences que nous avons vécues. Nous nous proposons de les partager avec vous et de vous transmettre les éléments de cette approche lors de nos différentes formations, conférences et activités hebdomadaires.

Ci-après vous trouverez des extraits de la conférence de Patrick « Massage, bien-être & présence » ainsi qu’une série de considérations sous forme résumée et condensée sur la manière dont nous ressentons l’approche corporelle.

Le massage existe depuis la nuit des temps. Le fait de palper, pétrir, presser, se frotter soi-même ou quelqu’un d’autre a toujours été présent.

Pensez à ce que vous faites lorsque vous désirez congratuler un ou une amie, pensez au premier geste instinctif que l’on a tous pour consoler ou rassurer un proche, pour entreprendre une relation plus intime,… C’est ce que j’appellerais un massage social, ou une « huile sociale » qui permet aux contacts sociaux de bien se dérouler.

Pensez également aux gestes que l’on fait pour soulager la douleur, la sienne ou celle d’un autre,… Il y a derrière ce toucher l’idée de guérir.

En shématisant fortement, on pourrait dire que le toucher s’est structuré en deux grandes familles, le massage de nature « thérapeutique » et le massage de nature « sociale ». Ces familles ont fort évolué en fonction des socio-cultures dans lesquelles elles se sont développées.

Le toucher thérapeutique, dans le monde oriental a mis l’accent sur l’idée d’équilibrer l’énergie dans le corps (la médecine y est aussi de nature énergétique et holistique). Dans le monde occidental, on a mis principalement l’accent sur la restauration du mouvement (kiné = mouvement) et son usage a été réservé aux kinésithérapeutes, sous la responsabilité des médecins (prescription médicale).

Le toucher de nature sociale a eu la vie dure dans nos régions. Pour des raisons principalement religieuses, les contacts physiques entre personnes, et pas seulement de sexe opposé, ont été clairement découragés, voire réprimés. Il devenait presque indécent de se toucher,… à part quelques moments ritualisés.

Suite à la « libération des mœurs » dans les années 70, le toucher social a refait son apparition et a commencé à se structurer. Rappelons-nous le fameux « massage californien » qui nous est arrivé des Etats-Unis. Nous étions prêts pour accueillir le massage de bien-être et de détente. Ces dernières années, beaucoup de massages sont revenus à l’ordre du jour, mêlant les techniques anciennes, les massages de type thérapeutique ou d’entretien corporel et les massages de détente.

Tout ceci m’amène à vous parler d’un élément qui va encore gratifier le massage, il s’agit de la présence dont je tenterais une définition plus loin.

La présence est un terme conceptuel et donc difficile à définir comme tel.

Je dirais qu’être présent à soi commence par une « mise en disponibilité » qui nous permet d’être attentif à nos sensations, à ce que je suis en tant qu’être humain, à ce que je suis en tant que personne, d’où je viens et à ce que je perçois (sans jugement) du monde extérieur. Cela nous permet d’élargir notre champ de conscience et de perception à nous-même, mais aussi d’ouvrir un espace en nous pour permettre à notre partenaire d’être, tout simplement.

Cela nous permet de mieux nous ancrer dans notre corps et dans la réalité. Il s’agit, en quelque sorte, de « s’asseoir » dans le bas de notre corps afin de libérer le haut du corps et de se mettre dans un certain état de disponibilité par rapport à la réalité extérieure.

Dans le cas du massage, cet ancrage permet de détendre le tronc, les épaules et les bras pour pouvoir initier le mouvement à partir de notre centre énergétique, le ventre.

La présence joue un rôle central dans le massage par la qualité d’écoute qu’elle amène et qui permet à la personne massée de se sentir reconnue et de trouver un espace (en nous) où elle peut se laisser aller et lâcher prise.

Pour être présent à soi-même, rien de tel que d’assimiler qui nous sommes et d’où nous venons, quelle est notre genèse,… c’est à dire la manière dont nous nous sommes formés et avons évolué, en tant que membre de l’espèce humaine.

L’être humain est le résultat d’une évolution extrêmement complexe dont notre corps garde encore le souvenir.  En effet, de la conception à la naissance chaque être vivant revit la genèse de son espèce.

Simple cellule au départ, l’espèce humaine, a évolué vers une forme de plus en plus élaborée.  C’est ainsi qu’à chaque grand saut de l’évolution nous nous sommes dotés de qualités qui nous ont permis de survivre et de nous adapter au monde environnant.

Imaginez-vous le moment où la vie est apparue sur la terre sous forme de simples cellules extrêmement dépendantes du milieu extérieur. Imaginez-vous comme une cellule vivante qui se développe tranquillement dans une mare d’eau de pluie, elle se nourrit par osmose et se reproduit tant que le milieu est pléthorique. S’il fait trop chaud trop longtemps, le milieu devient pénurique, la mare s’évapore et la cellule meurt.

C’est pourquoi un des premiers actes de survie de la vie animale a été la solidarité : les cellules se sont regroupées pour construire un système protozoaire, multi-cellulaires, moins dépendant du milieu extérieur.  Cette association de différentes cellules a pu se mettre en place grâce au phénomène de l’apoptose. L’apoptose, c’est la mort cellulaire programmée et non inflammatoire, contrairement à la nécrose où la mort d’une cellule entraîne celle de ses voisines. C’est donc une sorte de suicide par solidarité qui a permis aux organismes multi-cellulaires de se constituer sans s’auto-détruire.

Il est intéressant ici de faire une petite parenthèse. La recherche contre le cancer a mis en évidence que le développement des cellules cancérigènes se fait car ces cellules n’ont pas cette capacité de s’auto-détruire pour sauver l’organisme. Il y a là une symbolique intéressante à laquelle je vous propose de réfléchir.

Ensuite, comme nous vivions, par osmose, enfermés dans notre, ô combien fragile garde-manger, la fameuse mare du début, nous l’avons intériorisée pour pouvoir nous déplacer vers d’autres nourritures. La fameuse mare est encore ici en nous dans notre ventre et l’osmose a évolué en digestion.

De la reproduction pure et simple du début, nous nous sommes ensuite différenciés les uns des autres grâce à la sexualité.  En effet, nous ne sommes pas, en tant qu’être humain, issus d’un phénomène de reproduction mais bien de procréation. Ceci a également eu pour effet d’apporter une plus grande richesse à notre évolution.

Les derniers stades de l’évolution de l’homme ont été le développement du cortex et de ses connexions avec le système limbique. Les facultés intellectuelles issues de cette évolution nous ont permis de nous individualiser encore davantage. Nous sommes donc tous uniques, car procréés, et capables de nous distinguer les uns des autres. Contrairement, par exemple, à la fourmi qui vit dans une structure sociale très développée mais qui n’existe pas en tant que telle.

Le fait que nous soyons tous différents tout en étant semblables, nous a permis de développer l’idée du concept.  Conceptualiser une chose, c’est lui donner un nom que tout le monde reconnaît mais avec sa propre sensation.  Tout le monde sait ce qu’est une table, mais chacun en a une représentation différente.

Malgré tout, cette individualisation ou spécialisation ne signifie pas pour autant que nous soyons aptes à nous débrouiller tout seul car il nous faut toujours compter sur la solidarité pour faire face au monde qui nous entoure.  C’est la somme de nos spécialités partagées qui fait notre force.

Voilà bien le problème ; je me sens fort et unique mais j’ai quand même besoin des autres pour survivre.  Le plus grand savant ne pourrait traverser la rue sans risque si quelqu’un d’autre n’avait inventé le code de la route.  Nous ne pourrions pas être à l’abri du danger si d’autres ne veillaient sur nous.

Cette dualité se retrouve également à l’intérieur de nous-mêmes sous plusieurs aspects.  Un des aspects qui nous intéresse aujourd’hui est le fait que nous croyons que nous pouvons vivre dans notre tête mais que nous avons besoin de notre corps pour vivre.

Connaître notre genèse est essentiel pour assimiler ce qu’est notre corps, mais il reste une démarche riche et porteuse à découvrir : assimiler sa propre histoire.

Comme chacun peut le ressentir, lorsque l’esprit conscient nie les besoins propres au corps, celui-ci devient peu ou prou le siège d’émotions retenues, mal digérées ou refoulées par l’esprit conscient.

Le problème, c’est que ces émotions non résolues ou conflits psychiques déterminent notre façon de nous porter et d’être au monde.

En effet, ces émotions nous modèlent de manière inconsciente et s’expriment sur notre fonctionnement, sur nos muscles et sur nos organes sous forme de tensions, maladies,… Celles-ci, une fois mises en place, participent à notre résistance au changement et à notre difficulté à aller vers un mieux être.

C’est aussi à travers ce prisme que nous allons à la rencontre des autres.

La connaissance de notre genèse humaine, la recherche, la compréhension et l’assimilation de notre histoire nous apporte un soulagement, une acceptation de ce que nous sommes, de qui nous sommes. Cela nous permet également d’avoir plus d’empathie pour le monde qui nous entoure, et particulièrement envers les autres êtres humains qui le compose.

Cela nous permet enfin d’être ouvert et réceptif à ce qui nous entoure, nous pouvons alors redécouvrir et nous ouvrir à la sensation simple et spontanée des objets et des êtres vivants tels qu’ils se présentent et non de la manière dont nous les imaginons.

C’est l’unification de notre corps et de notre esprit qui nous met en continuité avec l’équilibre du monde. Tout un programme en quelques mots ! Ce qui semble simple est parfois plus complexe qu’on ne le pense, et inversément.

Tout ce dont je viens de vous faire part n’est pas une finalité mais bien un processus, un travail constamment remis sur l’ouvrage qui nous permet de progresser à notre rythme.

Pour vous aider à recadrer mon propos au niveau du massage, et en d’autres mots, je vous dirais que la vie est mouvement, rythme, équilibre,… L’équilibre entre recevoir et donner, la réceptivité et l’émissivité, est essentielle à la présence.

La réceptivité, en général, c’est voir précisément ce qui est particulier et propre aux choses, admettre chaque chose telle qu’elle est, ne pas lui prescrire ce qu’il faut qu’elle soit, mais lui laisser exprimer librement sa signification. On comprend dès lors l’importance pour le masseur d’arriver à être neutre en ouvrant un espace de liberté d’expression ou d’acceptation au massé. En fait, nous ouvrons notre espace intérieur afin de donner à la personne qui est massée la place pour être.

L’émissivité est le fait de produire un action forte et calme en concentrant toute son énergie dans le massage.

Cette concentration ne doit pas être vécue comme une crispation à faire quelque chose de précis, c’est la faculté de pouvoir fixer sa pensée sur un point donné, de suivre le développement d’une idée sans se laisser distraire. Comme, par exemple, s’abstraire dans une lecture ou une activité quelconque comme peindre un mur ou masser quelqu’un.

Etre présent lors d’un massage, c’est donc aussi se dégager de ses problèmes intrinsèques (angoisses, peur, colère,…) pour ouvrir un espace de liberté où le massé pourra être lui-même, sans entraves.

Il s’agit en fait de se mettre tout entier dans ce que l’on va faire. Ensuite il faut éliminer tout ce qui est extérieur à ce que l’on se propose de faire et orienter toute son énergie sur un seul point avec force et calme.

Cet état de présence permet l’acquisition du geste conscient qui est sûr et précis et qui, allié à la connaissance parfaite, rend le geste facile.

En deux mots, pour paraphraser un proverbe bien connu (ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément), le massage bien centré donne l’impression de facilité et les gestes pour le faire viennent aisément et sans fatigue.

L’entraînement à la présence dans une pratique à deux, comme nous le proposons dans nos formations, est bien plus facile et plus riche qu’une simple méditation car l’ancrage ou le centrage est plus aisé dans le travail physique et concret qu’est le massage.

Comme chacun peut le ressentir, lorsque l’esprit conscient nie les besoins propres au corps, celui-ci devient peu ou prou le siège d’émotions retenues, mal digérées ou refoulées par l’esprit conscient.

Le problème, c’est que ces émotions non résolues ou conflits psychiques déterminent notre façon de nous porter et d’être au monde.

En effet, ces émotions nous modèlent de manière inconsciente et s’expriment sur notre fonctionnement, sur nos muscles et sur nos organes sous forme de tensions, maladies,… Celles-ci, une fois mises en place, participent à notre résistance au changement et à notre difficulté à aller vers un mieux être.

C’est un cercle vicieux qui ne peut être résolu qu’en l’abordant par différentes approches.

L’approche la plus courante est le travail sur soi en vue de comprendre intellectuellement ses émotions. Cette approche délaisse la prise de conscience du corps. Or, il y a d’autres manières de travailler sur soi qui consistent à prendre conscience de notre corps et à lui ouvrir un espace où il pourra s’exprimer, aidant ainsi l’esprit à réaliser et ressentir ce qui a été rejeté dans l’inconscient. Voilà pourquoi le travail sur le corps offre un soutien privilégié au travail sur le psychisme. Dans certains cas, il peut même s’avérer une condition « sine qua non » pour commencer ou continuer ce travail.

L’Espace en Nous vous invite à découvrir ou approfondir diverses approches corporelles qui permettent de reconnaître et ressentir les émotions, d’apprivoiser les tensions qui en découlent ainsi que vaincre les résistances qui nous empêchent de nous remettre en cause par un travail multidirectionnel.

C’est en développant un « espace en nous » pour accueillir notre vécu émotionnel et corporel que nous augmentons la confiance et le respect que nous avons pour nous-mêmes.

Cette attitude nous aide à nous porter et à être au monde. Elle nous permet également d’aborder ou enrichir d’autres voies plus intellectuelles du développement personnel.

Le toucher est un sens très important, c’est grâce à lui que nous avons pu nous définir dans l’espace et faire la part entre ce qui est nous et le reste du monde.

Le toucher, allié à une bonne connaissance du corps humain, peut devenir thérapeutique. C’est l’apanage des kinés, ostéos et autres praticiens en thérapies manuelles. Il peut aussi se faire massage, relaxation,… et devient ainsi un outil de bien-être.

C’est aussi un outil qui permet une communication très riche car il est défini par des sensations uniques, chaque fois différentes, et non limitées par les concepts ou les généralités comme c’est le cas pour la communication verbale. Par exemple, le mot table est le même pour tout le monde mais sa représentation est différente pour chacun de nous. De plus, la sensation associée sera différente pour toutes les tables, mais pour chaque table elle sera différente à chaque fois.

Comme tout outil, le toucher se travaille. En améliorant les qualités proprioceptives de nos mains nous pouvons acquérir une grande finesse discriminatoire. En améliorant notre présence* et la conscience de ce que nous faisons, nous pouvons acquérir un haut degré de communication non verbale. Le toucher peut alors devenir un lien entre le conscient et l’inconscient.

Dans le massage, le toucher devient un outil d’interaction et d’intégration entre deux personnes. Cela peut aller de la simple relaxation à une expérience d’échange riche et intense entre deux personnes concernées.

C’est également un acte d’ouverture au monde par soi et à travers l’autre. Il y a donc un double travail, sur soi et sur l’autre. Pour chacun il y a deux approches parallèles et complémentaires, l’approche physique et l’approche psychologique (voir schéma).

Pour acquérir une bonne technique de massage il est important de travailler à la fois sur le corps et sur l’esprit afin d’ouvrir un espace en soi où la confiance et le respect de soi pourront se révéler. C’est pourquoi nous pensons que c’est un outil parfaitement adapté à l’approche corporelle telle que nous l’avons définie plus haut.

*La présence est une qualité qui nous permet d’élargir notre champ de conscience et de perception pour créer un espace où la relation vraie peut exister. Voir plus haut.

Le massage est un terme générique qui recouvre une infinité de pratiques corporelles qui font partie du patrimoine de l’humanité. Ces techniques, généralement pratiquées dans le cercle familial à titre préventif, sont souvent propres à un type de culture.  Si certaines ont gardé leurs lettres de noblesse comme le Shiatsu (dérivé de l’acupuncture), beaucoup se sont mêlées, étoffées et ont évolué vers un cadre nettement plus commercial (massage untel, méthode unetelle,…).

L’Espace en Nous a préféré remettre en évidence une série de techniques, accessibles à tous, qui ont la particularité de pouvoir se pratiquer à même le sol ou sur un tapis confortable.

Ces différentes techniques, qui ont été choisies en fonction de leur complémentarité, permettront à chacun d’acquérir des outils simples et efficaces afin de mieux connaître son propre corps et celui d’autrui dans un cadre sécurisant et respectueux.

Notre souhait est également de donner l’occasion à chacun de travailler selon ses connaissances techniques, son tempérament, son intuition, les circonstances,…tout en l’aidant à trouver le plus juste rapport entre lui et les demandes qui lui seront adressées.